Severiano Ballesteros et son récurrent mal de dos, Miguel-Angel Jimenez et son éternel cigare au bec, Colin Montgomerie et ses accès de colère, Jean Van de Velde perturbé, arpentant les fairways, pieds nus, depuis son intrusion dans l’obstacle d’eau du British Open… Mais aussi
José-Maria Olazabal, Sergio Garcia, Tom Lehman, Jim Furyk, Fred Couples, Grégory Havret, Thomas Levet et Jean-Louis Guépy.
Au total, Richard Gillot reproduit, avec humour et justesse, les mimiques d’une vingtaine de champions du circuit européen et américain.
Petit déjà , il s’amusait à imiter les membres de son club. Il avait un don pour ça , confie Fabien Denoyan, un ancien pro devenu fan du golfeur caricaturiste. C’est vrai que j’ai toujours aimé faire des imitations. Les copains, sur le circuit, me demandaient régulièrement de leur faire un petit numéro. C’est ainsi, presque naturellement, que m’est venue l’idée de monter un show, il y a trois ans, pour faire plaisir aux amis , explique Richard Gillot.
Depuis, le pro français a travaillé de nouvelles imitations, prenant un évident plaisir à accentuer les petites manies des grandes stars. Sans jamais tomber dans la facilité ni la méchanceté. « Je pense avoir un don d’observation. J’aime étudier tous les détails et les reproduire. Je prend ça comme un jeu, un amusement, en plus de ma carrière sur le circuit ».
Vainqueur d’une épreuve du Challenge Tour en 2000, aux Pays-Bas, invité à participer au Green Velvet 2006, Richard Gillot a ainsi amusé la galerie lors d’un show d’une demi-heure parfaitement rodé, les mouvements d’humeur de Montgomerie ou les tics de Grégory Havret, déclenchant l’hilarité générale… Même de certains intéressés bon public. « Le plus facile à imiter ? Sans aucun doute Colin Montgomerie, son sourire, sa démarche, ses coups de gueule… C’est son imitation qui a fait ma notoriété dans le milieu. Parfois, j’avoue, j’exagère à mort, comme pour Greg Havret. Mais cela part toujours d’un petit détail bien réel. Et puis, c’est pour le fun ! ».
De fait, selon Richard Gillot, observateur avisé du circuit, chaque pro à ses habitudes, sa gestuelle, ses petites manies. Une sorte de routine dans laquelle le joueur s’enferme pour rentrer dans sa bulle et évacuer la pression. « Ils ont tous leurs mimiques, leurs automatismes avant de frapper la balle ».
Qui est l’as du tic ? Dans son jeu, Richard Gillot dispose d’une solide paire composée de Christian Cevaer et Sergio Garcia. « Avant, l’Espagnol restait trois plombes devant la balle avant d’amorcer son swing. Depuis, il s’est un peu calmé, mais la caricature marche toujours aussi bien », sourit le golfeur imitateur, frustré toutefois de ne pouvoir caricaturer certains champions au swing trop parfait, à l’attitude trop lisse, à l’instar d’un Padraig Harrington ou d’un Raphaà«l Jacquelin.
Parti s’exiler en Floride, Richard Gillot avoue revenir régulièrement dans la région pour participer à des épreuves de l’Alps Tour ou du Challenge Tour. Il espère aussi décrocher des contrats avec quelques organisateurs d’événements en Rhône-Alpes. Le pro français a même mis en ligne son propre site en anglais pour soigner son image et démontrer l’étendue de son talent, photos et vidéos à l’appui.












